La démocratie est restée le régime des quelconques du Suffrage Universel. Jamais l'addition de mille médiocres n'a produit une intelligence mille fois accrue. Dès l'instant où le destin de l'Etat dépend de la bêtise, des humeurs ou des appétits égoïstes du plus grand nombre, il ne peut que cahoter entre les décisions mesquines ou sordides. Il doit inéluctablement finir par culbuter.
Reconnaître bruyamment au peuple toutes les formes de la plus haute lucidité politique est de la lâcheté. Cent problèmes, pourtant simples, échappent souvent à son analyse. Il ne parvient pas à les saisir. Quant aux problèmes capitaux, celui de l'avenir des grandes communautés humaines, celui de l'organisation de l'énorme machine politique de chaque pays, celui de ses gigantesques problèmes économiques et sociaux, celui de sa vie culturelle et spirituelle, le premier venu pourrait, à en croire les embobelineurs démocratiques, tout décider là-dessus, engager tout à ce propos, rien qu'à tracer une croix ou à noircir un trou blanc sur un bulletin de vote !
L'affirmer au peuple, le flatter bassement par ce vulgaire mensonge, c'est se moquer de lui. Une telle mission universelle est tout à fait en dehors de sa portée, est au-dessus de ses forces.
Cela ne veut dire nullement que le destin des peuples doive être mené en dehors des peuples et, surtout, contre les peuples. Un pays, c'est avant tout le peuple qui y vit. Ce dernier doit être intimement mêlé à la vie collective de la nation, à son développement, à la qualité de son rayonnement. Mais mêlé honnêtement sans qu'on le flatte et qu'on le roule. Ce sont les meilleurs qui doivent guider les peuples. Les meilleurs, ou mieux encore, le meilleur. Car en tout, même dans une basse-cour, dans un vol d'oiseaux migrateurs, il y a un guide.
On peut considérer que quels que soient le candidat et le parti vainqueur, rien ne changera fondamentalement et la France continuera sa descente aux enfers. Nous appelons de nos vœux une vaste réforme institutionnelle qui remettra la France sur les rails et nous permettra de sortir de ce soft-totalitarisme qu’est devenue cette république à la fois omniprésente et impuissante, où la pensée unique règne en maître.
Si ce régime s’apparente à la Matrice, c’est parce qu’il ne fonctionne pas pour la satisfaction de l’intérêt général mais pour les intérêts de quelques uns et sous la pression permanente de revendications catégorielles, tout en nous donnant l’illusion du pouvoir (un petit papier dans une urne) et de la liberté.
La deuxième illusion que fait naître notre social-démocratie c’est celle d’un bonheur futur qui doit advenir au lendemain de chaque élection. En effet l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel conduit à une véritable mascarade médiatico-sondagière tendant à faire croire aux Français que ce qui n’a pas été fait lors du mandat précédent sera fait durant le suivant: d’élections en élections, nous nous faisons éternellement bernés par une promesse illusoire de “lendemains qui chantent”.
Alors que les différents partis versent dans une surenchère démagogique, les grandes questions de fond que sont le chômage de masse, l’insécurité, l’immigration, l’identité nationale, la construction Européenne, la dette publique, la réforme de l’Etat, les relations internationales, les délocalisations, la bioéthique, etc. ne sont qu’à peine abordées. Pendant que se joue la farce électorale, la France se meurt.
Il est grand temps de sortir de ce carcan idéologique et de restaurer la France par la monarchie, seule institution qui garantisse l’unité, la continuité et l’indépendance du pouvoir politique.
Blog de l’Action française
Le problème de notre constitution: c’est qu’elle a mal vieilli. Révisée plus de vingt-deux fois, elle semble ne vivre que par la multiplication des expédients successifs.
Et en effet, c’est le lot commun des constitutions écrites que d’être bientôt dépassées par les évènements au lieu que toujours, par la pratique de règles non-écrites que furent les libertés fondamentales du royaume, nos rois ont disposé d’une capacité d’adaptation et d’une réactivité bien éloignée de la léthargie parlementaire actuelle. De son incompétence aussi. Car non-content de triturer constamment les textes fondateurs, les députés avalisent des révisions déjà dépassées par les faits comme par l‘esprit un peu sérieux. Chimères démocratiques.
Ainsi de la toute dernière qui vient confirmer cette conviction que nous avions, que la démocratie n’était qu’une monstrueuse hypocrisie et une affreuse imposture que nos gouvernants n‘utilisent que quand elle les arrange. Les exemples sont éloquents: qu’il s’agisse du vote systématique pour l’intégration dans l’Union de pays d’un certain poids démographique, du référendum d’initiative populaire ou de la contestation populaire des lois -genres de délires démocratiques tout-à-fait incongrus et malvenus - hé bien tout cela ne pourra se faire qu’avec l’accord et sous la surveillance expresses du Parlement ou de l’Exécutif. Même ses chantres les plus illustres n’ont plus confiance dans le « peuple souverain ».
Et puis il y a le sujet récurrent, qui traîne depuis longtemps, des places respectives de ce Parlement et de cet Exécutif, qui n’est d’ailleurs un problème que dans notre république déboussolée: la réduction du nombre de mandats au maximum de deux relance l’éternelle question de la continuité du pouvoir en république tandis que « l’encadrement » de la pratique de l’engagement de responsabilité (article 49-3) semble indiquer qu’on ira jusqu’à ligoter le Gouvernement pour plaire aux démocrates ! La réaction indignée de l’opposition à d’éventuels discours du Président devant le Parlement est d’ailleurs symptomatique de l’état de guerre auquel nous amène la confusion des pouvoirs à la Montesquieu. On imagine comme la souveraineté, qui est affaire de cohérence, doit en souffrir !
On nous a fait miroiter la modération, et même la sobriété, par l’élection de nos gouvernants; il faut bien nous rendre compte maintenant que l’arrivée au sommet de l’Etat de parvenus inconscients de leurs devoirs et bien décidés à en profiter un max ne constitue pas, à l’évidence, une avancée. Peut-être est-il temps de reconstruire nos idéaux politiques sur des bases plus saines.
Reinelde Maes, insurrection
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